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HENRY LEMARIÉ Illustrateur français 1911-1991 Peintre miniaturiste |
![]() Il restera un grand illustrateur. Son œuvre est la plus recherchée des bibliophiles. A ses qualités picturales, il a su ajouter ses qualités d'intelligence, d'humour et de bon goût qui font de lui le maître de l'illustration. Henry Lemarié descend, par sa grand-mère paternelle, d'une vieille famille de marchands tourangeaux qui travaillaient la soie au XVIe siècle. Il est né à Tours, en 1911, dans l'ancien relais de poste des messageries royales. Après des études littéraires classiques chez les Jésuites à Tours; il reprend la tradition artistique de son aïeul maternel, Louis Watteau de Lille, neveu d'Antoine Watteau. De 1930 à 1936, en compagnie de Lucien Fontanarosa, Yves Brayer, Robert Humblot et André Hambourg, il étudie à L'Ecole des beaux-arts à Paris, sous la direction de Lucien Simon. Il découvre l'Italie de Fra Angelico, la peinture flamande avec Bruegel l'Ancien et l'Angleterre qui l'enchante. Puis c'est l'interruption due au service militaire et à la campagne de France de 1940, où il combat dans un char de la division du colonel de Gaulle. Très marqué par cet événement, Henry Lemarié retrouvera lentement son âme d'artiste. De retour à la vie civile, il revient dans sa Touraine paisible et poétique à laquelle il est attaché. Il peint de petites scènes de la campagne tourangelle, découvrant Jean Fouquet et Jean Bourdichon dans les manuscrits de la vieille bibliothèque de Tours. Persuadé de son talent et de sa vocation d'illustrateur, Henry Lemarié passe la plus grande partie de son temps dans les musées et bibliothèques à la recherche de documents inédits. Il note avec le plus grand soin les précisions et les détails qu'il trouve, afin de pouvoir les restituer plus tard dans les œuvres qu'il envisage d'illustrer. Tout en calligraphiant les textes, il n'hésite pas à illustrer un exemplaire unique de A Christmas Carol, conte de Noël de Charles Dickens et un exemplaire unique d'un conte de Daudet Les Trois Messes basses, ainsi que Les Trois Ballades de François Villon, dont il s'applique à calligraphier les textes en caractères gothiques. En 1942 paraît une modeste édition illustrée des Lettres de mon moulin. Jean Porson, célèbre et clairvoyant éditeur, publie en 1944 Les Œuvres de François Villon, enrichies de 225 miniatures du jeune inconnu Henry Lemarié. Cette réalisation exceptionnelle obtient un succès retentissant. C'est, pour notre artiste, le début d'une brillante carrière... Il illustre : - de 1942 à 1946 Trois contes de Charles Perrault et les Œuvres de Rabelais ; - en 1945 Les Quinze Joyes du mariage ; - de 1948 à 1950, il ajoute son talent aux textes de L'École des femmes de Molière, des Plaideurs de Racine et de La Légende de saint Julien l'Hospitalier de Flaubert ; - de 1952 à 1954, Candide de Voltaire et les Lettres de Mme de Sévigné ; - de 1951 à 1955, quelques contes des Mille et Une Nuits. Jean Estrade, directeur de l'édition d'art Les Heures Claires, réalise cette œuvre dans l'atelier de Raymond Jacquet, graveur, qui a mis au point et adapté une nouvelle technique de gravure sur bois en couleurs. C'est avec l'artiste le commencement d'une très amicale et longue collaboration. Animée par le plaisir de la création et la recherche de la perfection, cette collaboration permettra des réalisations exceptionnelles. Ainsi, de 1957 à 1960, Henry Lemarié illustre un Don Quichotte en quatre volumes. A cette occasion, il fait de nombreux voyages en Espagne où il rassemble une merveilleuse documentation, indispensable à la réalisation de cette œuvre qui a fait date dans l'histoire du livre. De 1961 à 1967, Henry Lemarié illustre, toujours pour Les Heures Claires trois volumes des Fables de La Fontaine et trois volumes des Contes déjà parus dans une édition qui ne lui convenait pas. Paraissent ensuite aux Editions Marcel Lubineau La Vie et la Mort de M. de Tournèves et La Chartreuse de Parme. De 1971 à 1975, c'est à nouveau pour Les Heures Claires qu'il travaille à l'illustration de trois chefs-d'œuvre d'Aphonse Daudet : Tartarin de Tarascon ; Contes du lundi et Les Lettres de mon moulin. Parallèlement, il réalise en 1973 pour le même éditeur deux suites d'illustrations ayant pour thème Les Moyens de locomotion et Les Petits Métiers. Ces suites seront complétées par Les Attelages d'autrefois, en 1978, et Les Petits Marchands, en 1980. En 1979, il réalise pour Les Heures Claires une série de 120 dessins et croquis que cet éditeur ajoute aux illustrations de 1957 pour réaliser une édition en espagnol de Don Quichotte. Cette réalisation obtient le plus grand succès dans le pays de Cervantès. En 1981, il concrétise un rêve qui le poursuit depuis sa jeunesse en exécutant une suite de 90 remarquables dessins pour Les Aventures de M. Pickwick de Charles Dickens. Pour que ce rêve devienne réalité, Jean Estrade a fait appel au talent de Jacques Michot qui met au point une technique nouvelle et réalise ce qui était irréalisable. En 1986, il dessine et peint des illustrations pour Le Tour du monde en quatre-vingts jours de Jules Verne. Pendant vingt ans, Henry Lemarié a également illustré les agendas de luxe édités par les Trois Selliers. Quelques bronzes ont été fondus par Les Heures Claires sur le thème des Petits Métiers. L'œuvre d'Henry Lemarié, fondée sur une érudition et une connaissance parfaite des sujets qu'il interprète et enrichit par son excellent talent de peintre, restera l'un des plus grand témoignages de l'art et de l'esprit de notre temps. Pétillant d'esprit, appréciant la bonne chère et les bons vins, Henry Lemarié mettait dans ses illustrations une pointe d'humour et de souriante malice. Il s'est éteint au printemps 1991, laissant aux amateurs une œuvre qui émerveillera longtemps, très longtemps... |